Skip to content

La voiture, archétype des mutations économiques

30 juillet 2009

Location, franchise de magasins, abonnement au téléphone portable, à Internet…, nous assistons depuis plusieurs dizaines d’années à une mutation du capitalisme avec un passage sous jacent d’une économie basée sur la propriété à une économie basée sur l’accès.

En effet, depuis les années 60-70 et l’avènement de la consommation de masse il était primordial d’être propriétaire. Le capitalisme était basé sur la notion de propriété sur laquelle pouvait se reposer le marché qui est un lieu d’échange de biens de service. Or par définition on ne peut échanger que ce que l’on possède. De plus, ce mode de consommation induisait une forte notion de reconnaissance sociale, notion indispensable dans la construction de son image et de sa place dans la société.

Or comme l’indique Jeremy Rifkin dans son livre l’âge de l’accès « Le rôle de la propriété est en train de subir une transformation radicale » avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et des réseaux. Dans une économie de réseaux l’important n’est plus de posséder mais d’accéder. Aujourd’hui, l’explosion des technologies de l’information et de la communication est à l’origine d’une mutation sans précédent : les marchés laissent la place aux réseaux, les biens aux services, les vendeurs aux prestataires et les acheteurs aux utilisateurs.

Mais revenons un petit peu en arrière pour resituer ces mutations.

Si le modèle actuellement dominant est l’économie de marché il n’en a pas toujours été ainsi. En effet, au XIXème siècle l’économie était avant tout fixée sur la sphère domestique, très liée à son précepte étymologique (économie = la loi de la maisonnée). A cette époque, il n’y avait pas de marché structuré et tout ce que l’on produisait servait avant tout à la consommation personnelle (pain, vêtements…).

C’est à la suite de la révolution industrielle et du passage au XXème siècle que la sphère du marché à pris le pas sur la sphère domestique avec un changement de paradigme quant à la notion de statut social qui ne tient plus alors à la quantité de biens que l’on peut produire chez soi mais à la quantité de ces biens que l’on peut acquérir sur le marché.

Au XXIème siècle une nouvelle étape est en train d’être franchie avec le passage de l’économie de marché (et donc de la propriété) à l’économie de l’accès. En effet, l’important aujourd’hui n’est plus tant de posséder un bien que d’y avoir accès quand on en a la nécessité.

On assiste donc actuellement à un phénomène de « désappropriation » des biens ainsi qu’a leur « dématérialisation ».

Si la notion de « dématérialisation » est aisée à percevoir depuis Internet avec la transformation des CD en MP3, du courrier en email ou encore des journaux en sites d’informations, la notion de « désappropriation » est par contre plus floue car elle ne change pas la nature des biens que nous utilisons mais seulement leur possession. La voiture électrique en est l’exemple le plus parlant à mon sens.

Le projet le plus avancé en la matière est celui de Shai Agassi et de son Better Place Project (voir vidéo sous-titrée ici) qui se propose de construire des réseaux de recharge électrique dans de nombreux pays (dont la France).

Project Better Place

Le principal point à retenir dans ce nouveau business model est que la batterie n’appartiendra pas au client.

A l’instar des abonnements téléphonique, la batterie et la voiture seront subventionnées (comme pour les téléphones portables) par les fabricants de voitures et le prestataire de service (ici Better Place). Ainsi on ne paiera que la consommation électrique effective de la batterie, on paiera à la mesure de ce que l’on conduit. C’est le principe du rasoir et des lames cher à Gilette ou des cartouches d’encre cher à Hewlett Packard.

On se rend compte avec cet exemple que nous sommes bien sur le point de rentrer de plein pied dans l’économie de l’accès puisque même la voiture, archétype de la société de consommation et de l’économie basée sur la propriété, est en passe de ne devenir qu’un service comme un autre.

La révolution industrielle du début du XXème siècle avait apporté l’économie de la propriété avec la Ford T comme fer de lance, le XXIème siècle apporte l’économie de l’accès avec la voiture électrique « sponsorisée » où l’on ne paye que ce que l’on utilise.

C’est maintenant plus de l’accès que de la propriété que dépendra désormais notre statut social.

Prochain Post :

La banalisation de la culture par le marché entraînera la perte de ces deux univers.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :