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Le sport est-il un business comme les autres ? : Le cas de la NBA (Partie 3)

26 juillet 2009

Partie 3 : Business is business….mais le sport dans tout ça ?

Parler business c’est très bien mais le but premier de la NBA n’est-il pas non plus de proposer un spectacle sportif de haut niveau, le meilleur basket de la planète ?

Est-ce bien encore le cas ? Ou le business l’a t-il emporté sur le jeu ?

Autant se mettre d’accord tout de suite, la NBA reste, et de loin, la meilleure ligue de basket au monde. Elle dispose des meilleurs joueurs, de la meilleure organisation, des meilleures infrastructures…

Mais le problème n’est pas là, car si la NBA reste la meilleure dans son domaine, de nombreuses voix commencent à s’élever pour dire que le coté sportif est en train de passer au second plan après le coté business et que se serait même le business qui dicterait en grande partie les choix sportifs des franchises !

Pour bien comprendre le pourquoi du comment il est nécessaire d’avoir en tête deux notions importantes dans la ligue qui sont « la draft » et la spécificité des contrats des joueurs.

La « draft », le centre de formation de la NBA

Draft NBA

Tous les ans, à la fin de l’année universitaire de basket-ball, est organisée une loterie entre toutes les équipes NBA dont le but est d’avoir l’opportunité de choisir en premier celui que l’on pense être le meilleur joueur universitaire (ou étranger) de l’année. C’est la « draft ».

Les joueurs désireux de rentrer au sein la NBA s’inscrivent à la « draft », et les franchises font leur marché en vue de recruter le meilleur joueur possible. Le principe est étudié pour que l’équipe qui a terminé dernière de la saison NBA se voit octroyée le plus grand nombre de « tickets » dans la loterie de la « draft » alors que l’équipe qui vient de remporter le titre n’a que très peu de « tickets ».

Ce système a été mis en place pour intégrer les jeunes et talentueux joueurs dans les équipes les plus faibles pour que le niveau de la NBA soit le plus homogène possible et que ce ne soit pas toujours les mêmes équipes qui occupent le devant de la scène. Il est à noter que pour ne pas biaiser le système un joueur ne peut s’inscrire qu’une seule et unique fois à la « draft » au cours de sa carrière.

Le système des « free agents »

Une fois « drafté » les joueurs signent un contrat de xx ans avec la franchise qui les a choisi lors de la loterie.

Ce contrat n’est pas exclusif avec la franchise en question mais vaut aussi avec toutes les autres franchises de la NBA. Cela veut donc dire que si un joueur va dans un autre club au cours de son contrat, celui-ci reste valide dans son nouveau club. Il n’y a donc pas de renégociation de contrat à chaque mouvement de joueur, comme il peut y en avoir dans le football européen. On ne trouve pas non plus de montant de transfert lors d’un changement de club, tout se faisant sur le principe de l’échange (avec parfois des compensations en $).

On échange donc un joueur et son contrat contre un (ou plusieurs) joueurs d’une autre équipe. Il est important de noter qu’un club peut échanger un joueur sans l’accord de ce dernier (sauf en cas de clause spécifique de non-transfert uniquement négociable par les stars). Un joueur peut alors se retrouver à jouer dans une des meilleures équipe de la NBA et du jour au lendemain faire parti d’un échange qui l’enverra dans une des équipes les plus mauvaises. C’est la règle du jeu à accepter pour pouvoir signer un contrat dans la ligue.

Le seul moment ou un joueur peut théoriquement renégocier son contrat est quand celui-ci est sur le point d’expirer. On appelle ce type de joueurs, dont le contrat touche à sa fin, un « free agent ». Le joueur est alors libre de signer dans le club qu’il veut et alors renégocier un nouveau contrat.

Beaucoup de joueurs renégocient aussi l’année précédente de la fin de leur contrat.

L’aspect sportif passe souvent au second plan :

Tenant compte de tous ces éléments il est donc clair qu’un bon joueur qui devient « free agent » est une denrée rare sur le marché et fait donc l’objet de toutes les convoitises !

On observe donc parfois des dérives dans ce système, lié à la « draft » et aux « free agent », où les propriétaires de franchises font l’impasse sur les résultats sportifs d’une saison (en finissant dans les derniers du championnat) en espérant avoir plus de chance de tirer un bon joueur à la « draft » ou de signer un bon « free agent » à la fin de la saison.

En effet, vu que la masse salariale des franchises se doit de rester proche du « salary cap », on ne peut pas accumuler les gros contrats comme peuvent le faire chez nous des équipes comme le Real Madrid en football. Il devient alors très tentant, pour une équipe, d’échanger ses gros contrats contre des joueurs qui seront libres à la fin de la saison avec pour objectif de faire le ménage dans la masse salariale pour ensuite signer de bons « free agent » (qui demandent beaucoup d’argent) et de reconstruire une équipe autour de ces nouveaux joueurs.

Ce phénomène qui consiste à « balancer » une saison est de plus en plus fréquent en NBA et fausse donc le spectacle et le suspense de la ligue.

C’est ainsi que l’on a pu voir des équipes comme les San Antonio Spurs (l’équipe de Tony Parker) « balancer » leur saison 1996/1997 pour avoir l’occasion de récupérer le choix n°1 de la « draft » en fin d’année et de recruter le pivot Tim Duncan (un des meilleurs pivot de la ligue). Les Spurs finirent champion NBA l’année suivante.

Même exemple plus récemment où les Boston Celtics (mythiques depuis Larry Bird) ont fait « reposer » leur superstar Paul Pierce pendant 6 mois en 2006/2007 en prétendant qu’il était blessé pour là encore finir dernier de la ligue.

Les Celtics ont alors fait le ménage dans leur effectif, et ont eu l’occasion de recruter Ray Allen et Kevin Garnett (2 stars de la NBA) en tant que « free agent » et le très bon meneur Rajan Rondo à la « draft ». Les Celtics finirent champion NBA un an plus tard.

Est-il normal et logique que le dernier de la NBA finisse vainqueur du même championnat un an plus tard ?

C’est ce type de question qui fait actuellement débat auprès des observateurs en faisant dire que l’enjeu sportif de la NBA est quelque peut remis en cause et que l’on se moque un peu des fans de basket.

Blessure NBA

C’est génial tout ça mais c’est quoi le but de ces 3 articles ?

Comme nous avons pu le voir, la NBA est la quintessence du sport business. C’est une ligue qui réussit à la fois à avoir les meilleurs joueurs de la planète basket et en même temps à faire beaucoup d’argent. On prend donc souvent ce modèle en exemple quand on parle de vouloir réformer le sport en Europe et en particulier le football.

S’il est sur que des règles comme le « salary cap » seraient intéressantes à transposer chez nous dans le but d’éviter l’hégémonie de certains clubs (Real Madrid, Milan AC…) sur la scène européenne, il paraît difficile de se calquer directement sur le modèle américain.

En effet, la structure actuelle du football européen repose sur plus d’un siècle d’histoire et il paraît difficile de créer de toute pièce une ligue fermée avec les meilleures équipes de chaque pays.

D’un autre coté la grande majorité des franchises NBA sont bénéficiaires, ce qui est loin d’être le cas dans le football européen (même ceux qui sont cotés en bourse) où l’argent coule à flot pour éponger les dettes des grands clubs.

Même si certains clubs européens sont gérés comme des entreprises (Lyon en France, Arsenal en Angleterre) cela reste très loin de ce que l’on peut voir en NBA où rien n’est laissé au hasard. La NBA avance d’une même voix (celle de David Stern) sur la planète basket alors que les organisations du football ont parfois du mal à se coordonner et à avoir des règles identiques (règles de gestion, règles d’arbitrage…).

On se rend donc compte que l’on a juste à faire à une coopération de clubs dans le football alors que la NBA est une organisation structurée avec un but précis : faire des bénéfices et promouvoir la culture NBA (et donc américaine) au plus grand nombre.

Business is Business, c’est ça l’Amérique!

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