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Le sport est-il un business comme les autres ? : Le cas de la NBA (Partie 1)

5 juillet 2009

Si le business du sport représente plusieurs dizaines de milliards de dollars aux Etats-Unis, il est intéressant de noter que de notre coté de l’atlantique sport et business font rarement bon ménage. Peut-être est-ce l’esprit de Coubertin qui a voulu cela mais force est de constater que chez nous le coté sportif prend largement le pas sur la construction d’un système économiquement viable et générateur de profit pour les propriétaires de clubs.

Non pas qu’il n’y ai pas d’argent en Europe dans le sport, au contraire (il y en a beaucoup dans le football voir les transferts de Kaka et Ronaldo au Real Madrid),  mais on ne sent pas de vrai business model lié à la pratique du sport au niveau professionnel.

Les sports majeurs aux Etats-Unis, qui sont le base-ball, le football américain, le hockey sur glace et le basket-ball, ont eux depuis longtemps intégré cette dimension business dans leurs ligues sportives.

C’est l’analyse de ce dernier sport, le basket-ball, et de sa ligue très connue, la NBA, qui va nous permettre de mesurer l’ampleur du phénomène.

Le sujet sera traité en 3 parties :

Partie 1 : La NBA, une machine à cash….sous contrôle

Partie 2 : La NBA, une ligue internationale….par nécessité

Partie 3 : Business is business….mais le sport dans tout ça ?

Logo NBA

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La National Basket-ball Association (la NBA donc), dirigée par le Commissionner David Stern, est ce que l’on peut actuellement trouver de mieux en matière de marketing, de mise en scène et de gestion d’un sport professionnel.

Voici quelques chiffres clés sur le sujet pour se mettre dans le bain :

– 30 équipes NBA (ou franchises dans le jargon US)

– 3,6 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros) de chiffre d’affaire

– Plus de 1.000 salariés permanents

– Retransmissions télé dans 212 pays (en 42 langues)

– Une ligne féminine (WNBA) et une ligue de formation (D-League)

Partie 1 : La NBA, une machine à cash….sous contrôle :

Avec ses 3,6 $ milliards de chiffre d’affaire en 2007, la NBA se hisse à la hauteur d’entreprise telles que TF1 ou encore Publicis. De plus, la ligue dégage un bénéfice proche de 300 $ millions. C’est donc une affaire qui marche.

Cette réussite financière se justifie par la combinaison de trois facteurs principaux qui sont les recettes de billetterie des matchs, les accords sur les droits TV, ainsi que des accords collectifs qui contiennent les dépenses des salaires des joueurs.

 

Détail des revenus de la NBA :

La principale source de revenu de la NBA provient de la vente de billets dans les stades et représente 33% des revenues de ligue soit 1,2 $ milliards, en augmentation de 6% entre 2006 et 2007. La ligue a même dépassé son record d’affluence l’an dernier avec la présence de 21 millions de fans et des stades remplis à 92%.

Les droits TV suivent de prêt avec 1 $ milliards soit 28% du chiffre d’affaire. Un nouvel accord vient d’être signé, en exclusivité avec les chaînes ESPN, ABC et TNT, à hauteur de 7,4$ milliards sur 8 ans et en augmentation de 21% par rapport au précédent contrat.

Ce chiffre record est justifié par l’inclusion des droits « digitaux » de la ligue à cet accord. Ce poste de revenu est en constante progression depuis plus de 20 ans avec des augmentations de plus de 20% à chaque renégociation de contrat.

Le reste des revenus provient principalement de la vente de produits dérivés (à la fois des produits dérivés des franchises, que ceux de la NBA), d’une participation sur les montants de sponsoring perçu par les franchises et des taxes facturées (la NBA récupère 40% des revenus provenant de l’exploitation des salles ainsi que des loges de luxes).

Le produits dérivés représentent à eux seuls prêts de 600$ millions de revenus annuels.

 

Partage des revenus de la NBA

Partage des revenus de la NBA

 

La NBA cherche néanmoins à contenir ces coûts :

Si la NBA se montre très efficace pour augmenter son chiffre d’affaire, elle travaille aussi activement sur la gestion de ses coûts, c’est à dire le salaire des ses employés stars, les joueurs.

En effet, il a été instauré, depuis 20 ans maintenant, un système appelé le « salary cap » qui devait fixer une limite à la masse salariale des équipes. Le salary cap n’étant plus respecté, (seulement 2 équipes sur 30 étaient sous le salary cap en 2006) cette règle a été renforcée en 2001 par un accord joueurs/propriétaires qui récompense les propriétaires de franchise qui gardent leur masse salariale sous contrôle. C’est ainsi que les Charlotte Bobcats et des Utah Jazz ont reçu un chèque de 6,3 $ millions de la part de la ligue.

Ce système innovant, rien de tel n’existe en Europe, mérite que l’on s’y attarde un instant.

Escrow Tax et Luxury Tax :

Les nouveaux accords de 2001 sur le salary cap se définissent par deux points essentiels, la « escrow tax » et la « luxury tax ».

L’« escrow tax » est une règle qui prévoit que la masse salariale des joueurs de toutes les équipes NBA ne doit pas dépasser 57% du chiffre d’affaire global de la ligue. L’an dernier le compte commun « escrow » joueurs/propriétaires a été provisionné à hauteur de 177$ millions (9% du total des salaires). Ce compte est ensuite divisé pour que le total des salaires soit réduit à la limite des 57%. Sur les 177$ millions, 155$ millions ont donc été récupérés par les propriétaires de franchises tandis que 22$ millions sont retournés dans la poche des joueurs.

La « luxury tax » quand a elle prévoit des pénalités aux franchises qui dépassent allégrement le « salary cap » et ce dans un souci d’équité entre les équipes les plus riches et celles qui ont moins d’argent. Ainsi, au-dessus d’une certaine limite de masse salariale (65$ millions l’an dernier), chaque 1$ dépensé occasionne 1$ de pénalité. De plus, cette taxe est doublement pénalisante car elle rend la franchise qui la paye inéligible au système de partage commun de l’ « escrow tax ». L’an dernier la « luxury tax » a rapporté près de 100$ millions (dont 45 pour la seule franchise des New York Knicks).

On peut donc se rendre compte que si la NBA essaye de tirer au maximum ses revenus à la hausse (billetterie et droit TV) elle tente d’instaurer un système de coopération entre toutes les franchises pour ce qui est de contenir ces coûts.

En effet, la ligue a bien compris qu’il était contre-productif pour le spectacle d’entretenir des écarts de masse salariale importants (et donc des meilleurs joueurs) qui favoriseraient les grandes équipes au dépends des plus petites. La NBA ne peut se développer si elle ne compte d’une poignée d’équipes de haut niveau car le spectacle ne serait plus assuré lors des autres matchs. Et qui dit spectacle de mauvaise qualité dit moins de personnes dans les stades et devant les écrans TV.

Cette stratégie de coopération est donc étudiée pour améliorer au maximum la qualité du produit « made in NBA ».

Valorisation des franchises :

Tous ces efforts de promotion de la part de la NBA se retrouve donc dans le chiffre d’affaire et l’estimation de la valeur des franchises.

En effet, le revenu moyen des franchises NBA a augmenté de 6% entre 2006 et 2007 en s’établissant à 119 $ millions par an. L’EBITDA moyen étant quant à lui de 9,8$ millions et la valorisation moyenne d’un club proche des 370$ millions.

Ces chiffres masquent cependant assez mal la très grande disparité entre les plus équipes les plus riches et plus pauvres, l’équipe la plus riche de la NBA (les New York Knicks) ressortant avec un chiffre d’affaire de 196 $ millions pour une valorisation de 600 millions soit 40% de plus que la moyenne générale.

Ces disparités s’expliquent principalement par la différence de la taille des marchés que peut toucher chaque équipe. Il est certain que les franchises de New York ou Los Angeles touchent plus de supporters que celles situées à Salt Lake City (Utah) ou Milwaukee (Wisconsin). De plus, ces marchés ne sont pas seulement situés aux Etats-Unis mais partout sur la planète.

A suivre dans le prochain billet :

Partie 2 : La NBA, une ligue internationale….par nécessité

 

6 commentaires leave one →
  1. Fernand permalink
    23 octobre 2009 5:39

    Merci beaucoup, c’est très intéressant et très complet !😀

    • 23 octobre 2009 5:51

      Merci Fernand !!
      N’hésite pas à balancer le lien sur des forums et sites de basket US ;))

  2. Fernand permalink
    23 octobre 2009 5:54

    Pourrais-je juste te demander quelles sont tes sources ? Ça pourrait m’être utile, merci.

  3. Fernand permalink
    23 octobre 2009 6:09

    Ok, encore merci, en tout cas chapeau😉 , j’hésiterai pas à faire tourner le lien !

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